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Élections Grèce : Et les communistes dans tout ça ?

Perspective communiste

Le Parti communiste de Grèce (KKE) a obtenu 8,48 % le 6 mai, mais les sondages le donnent en baisse pour le 17 juin.
Cécile Chams en David Pestieau - Solidaire.org

Dès le début, le KKE a rejeté l’idée d’un gouvernement de gauche anti-austérité avancée par Syriza, « qui maintiendrait la Grèce dans l’Union européenne et l’Otan et laisserait intacts les rapports capitalistes de production ». Pour le KKE, l’Union européenne n’est pas « un terrain sur lequel on peut trouver une solution pour le peuple. C’est l’Union européenne elle-même, avec les gouvernements locaux et le FMI, qui ont élaboré les mémorandums ».

Dans cette optique, le KKE a mis en avant son programme : « Désengagement de l’Union européenne, avec le pouvoir populaire et l’annulation unilatérale de la dette. »

Le KKE ne croit pas en des négociations entre l’Union européenne et un gouvernement de gauche anti-austérité. Il dénonce une stratégie d’attente qui serait liée à ces négociations, où devrait régner une paix sociale. Il estime que l’austérité fait partie intégrante des programmes de l’Union européenne et que Syriza va forcément décevoir ses électeurs en leur promettant d’y mettre fin, dans le cadre de l’Union européenne, sans mise en cause fondamentale du système économique.
Il avance aussi que le combat doit s’orienter contre la classe des riches grecs, qui sont co-responsables de l’austérité. Il refuse le faux dilemme « maintien de l’euro ou retour à la drachme », qui est utilisé pour faire du chantage avec un choix entre des mesures barbares ou le retour à l’ancienne monnaie, qui est assimilé au chaos et à la misère.
Le parti estime que le seul choix possible pour le peuple sera de sortir de l’Union européenne dans le cadre du pouvoir populaire, c’est-à-dire le socialisme. Dans cette logique, il prône l’opposition à tout gouvernement qui resterait dans la logique du capitalisme et de l’Union européenne.

Le KKE estime que les luttes des travailleurs seront l’élément déterminant dans les mois à venir. Il veut s’appuyer sur son implantation dans les lieux de travail et dans les quartiers. Il appuie le PAME, le Front militant des travailleurs, qui rassemble 850 000 membres. Le KKE annonce qu’il sera présent dans la bataille dès le lendemain des élections.

Car, une fois installé, le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, devra tenir ses promesses de mettre fin à l’austérité. Les travailleurs appauvris, les 1,5 million qui ont perdu leur emploi, les jeunes sans avenir et les pensionnés dans la misère seront là pour le lui rappeler.


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